groupe d'enfants couchés sur le ventre, le sourire aux lèvres

Au 19ème siècle, un scientifique du nom d’Antoine Béchamp détermina que les germes pathogènes venant semer le trouble dans les organismes vivants, ne provenaient pas seulement du milieu extérieur, mais qu’ils pouvaient aussi se développer directement à partir du « terrain » même de ces organismes. Selon cette théorie, plus un terrain biologique est déséquilibré, plus il favorise la naissance et la prolifération de ces agents pathogènes. À l’inverse, plus il est sain et équilibré, plus il permet le développement des bactéries « amies ». De ce point de vue, nous pouvons conclure qu’il est bien plus important de renforcer le terrain biologique que de lutter contre ces agents pathogènes ou de chercher à s’en protéger. Nous avons là une (nouvelle) confirmation du bien-fondé d’une action qui vient renforcer ce qui est affaibli par rapport à une action qui ne fait que lutter contre la cause de cet affaiblissement.

Les découvertes du Professeur Béchamp peuvent être mises en relation avec la vocation et le contenu de cet ouvrage, car le terrain biologique de l’enfant et sa psyché s’influencent mutuellement. Si l’enfant est constamment exposé à des facteurs de stress, qu’il se sent anxieux, triste, déprimé, stressé, et qu’il ne parvient pas à vivre harmonieusement ses émotions, celles-ci vont se « cristalliser » dans son corps[1] et entraver le libre flux de l’énergie vitale dont le terrain biologique a impérativement besoin pour jouer efficacement son rôle dans l’immunité et le maintien de l’homéostasie, donc de l’harmonie.

L’harmonie est le fruit de l’alternance équilibrée entre les polarités complémentaires (yin et yang), et cette alternance confère un rythme, un mouvement à l’énergie vitale dont la santé dépend. Toute entrave à ce mouvement libre porte atteinte à l’intégrité du terrain biologique. En conséquence, le déséquilibre s’installe et à partir de lui, les agents pathogènes et autres virus peuvent trouver un terrain propice à leur développement et nuire à la santé physique et psychologique. Au contraire, lorsque le terrain biologique est rendu sain par l’écoulement libre de l’énergie vitale, les bactéries bénéfiques se développent et vivent en symbiose. Cette diversité constitue un microbiote équilibré dont l’influence est positive sur l’organisme de l’enfant et, par voie de conséquence, sur son comportement.

Si l’enfant bénéficie d’un environnement sécurisé, qu’il reçoit une alimentation saine et équilibrée, qu’il est élevé dans l’écoute attentive de ses états d’âme et qu’il est encouragé très tôt à pratiquer des activités qui l’aident à reconnaître sa vocation et à s’y épanouir, les conditions principales sont réunies pour que l’énergie vitale circule en lui de manière optimale et que son terrain biologique se porte bien. À partir de cette base biologique saine et équilibrée, les différents microbiotes dont l’enfant est l’hôte s’élaborent et s’organisent de façon optimale. En conséquence, son organisme fonctionne bien et il fait l’expérience « d’un esprit sain dans un corps sain ».

microbiote cerveau intestinsL’influence du microbiote sur l’état de santé physique et psychologique de l’enfant est désormais constatée par de nombreuses études scientifiques. Pour ce qui est du microbiote intestinal en particulier, il y a une corrélation certaine entre son déséquilibre et l’apparition de troubles divers et variés. À ce niveau, le champ d’expérimentation de la science est immense et promet des découvertes fascinantes sur le lien qui existe entre le cerveau et le ventre.

Des chercheurs de l’institut français de recherche agronomique (INRA), ont démontré que le microbiote intestinal des rats[2] avait une influence sur leur comportement. C’est ce qu’a révélé une expérience réalisée sur deux groupes de rats, élevés dans des conditions différentes. Les spécimens du premier groupe sont nés dans un milieu stérile et ont grandi avec un tube digestif dépourvu de bactéries, donc sans microbiote intestinal. Les individus du second groupe sont nés dans l’harmonie d’un milieu naturel et se sont constitués un microbiote intestinal normal. Confrontés ensuite à une situation identique, les deux groupes de rats ont réagi différemment. Ceux qui étaient dépourvus de microbiote intestinal ont pris des risques et se sont mis en danger, alors que les autres se sont montrés beaucoup plus prudents. Pour expliquer cette différence, j’émets l’hypothèse qu’un microbiote intestinal sain joue un rôle central dans la constitution d’une immunité forte chez l’individu, qui non seulement le protège, mais conditionne aussi des prises de décisions appropriées lui permettant de vivre une vie digne, en adéquation avec sa nature profonde et essentielle. Les études menées sur les rats pourraient également démontrer le lien de causalité entre un microbiote intestinal déséquilibré et certaines maladies dont souffre l’être humain, comme par exemple la dépression, l’anxiété généralisée, la schizophrénie, l’autisme, l’anorexie, la boulimie, la bipolarité, Parkinson, Alzheimer, etc.

Ce n’est pas sans raison si les adeptes des traditions extrême-orientales accordent autant d’importance au bas ventre dans la pratique de la méditation et des arts martiaux. Ils sont persuadés que celui qui prend soin de son hara[3] et qui développe sa capacité à placer son attention[4] le plus souvent possible dans ce centre vital, en retire d’innombrables bienfaits : une personnalité bien structurée, la santé, la confiance, la force physique, la stabilité de l’humeur, la lucidité, l’intuition, la créativité, etc.

À titre d’information, le tableau ci-dessous vous présente une liste non exhaustive de déséquilibres dont la cause peut être liée à un dérèglement du microbiote intestinal. Notez bien, cependant, que si cette cause est avérée dans bien des cas, elle est elle-même liée à d’autres facteurs de perturbation pour l’organisme. Pour la grande majorité d’entre elles, les maladies sont multifactorielles, ce qui signifie que leur apparition dépend de l’influence simultanée ou successive de plusieurs causes.

Déséquilibre observé Lien possible avec le microbiote intestinal
Je suis tout le temps fatigué-e Le microbiote permet l’absorption des vitamines et minéraux, surtout magnésium, fer et calcium. Attention donc à d’éventuelles carences.
J’ai des inconforts intestinaux (ballonnements, gaz) Il y a deux flores principales : l’une de fermentation (dégradation des sucres) et l’autre de putréfaction (dégradation des protéines). Si l’une ou l’autre prédomine, il y a production anormale de gaz...
J’ai un transit intestinal déréglé Dans la majorité des cas, le microbiote est soit colonisé par un germe pathogène, soit insuffisamment diversifié.
J’ai des fringales ou je n’ai pas faim Le microbiote influence le système nerveux entérique, dont la sécrétion de sérotonine régule l’appétit.
J’ai un terrain allergique Le microbiote est en contact direct avec 70% de nos cellules immunitaires et contribue à la régulation de l’allergie.
Je suis tout le temps malade Le microbiote stimule l’immunité générale (70 à 80% des cellules immunitaires se concentrent dans les intestins).
J’ai des troubles de la mémoire, de la concentration Un microbiote équilibré produit des substances qui favorisent la survie des cellules nerveuses dans les régions du cerveau impliquées dans la mémorisation.
Je suis stressé-e, anxieux-se Un microbiote équilibré freine la libération des messagers du stress et potentialise l’action des neuromédiateurs favorisant la sérénité (GABA, sérotonine).
J’ai une surcharge pondérale Le microbiote intervient dans le métabolisme des graisses.
J’ai du diabète Le microbiote jouerait un rôle dans la résistance à l’insuline et l’homéostasie glucidique.
J’ai des problèmes physiques dont on ne trouve pas la cause Une flore déséquilibrée déclenche une inflammation de la muqueuse intestinale qui la rend perméable aux toxines et aux agents pathogènes, qui vont ainsi passer dans le sang et provoquer toute sorte de pathologies (eczéma, inflammation chronique, fatigue chronique, infections à répétition, etc.)

Source : http://tinyurl.com/j7a5jbs


[1] Et principalement dans le ventre, comme en témoignent les expressions « avoir la peur au ventre », « avoir l’estomac noué », « avoir les boyaux qui se tordent », « avoir du mal à digérer un événement », etc.

[2] Il faut savoir que les gènes du rat se rapprochent davantage de ceux de l’homme que ceux du singe.

[3] Mot japonais signifiant littéralement « ventre ».

[4] Conformément au principe selon lequel « l’énergie suit la conscience », ressentir un endroit du corps en pleine conscience lui confère de l’énergie et renforce par conséquent son « terrain ».

 

Source de l'article :

Livre "Un Voyage en Méditation", écrit par Elan Sarro.

 

Informations complémentaires à cet article :

Article : comment restaurer le microbiote des bébés nés par césarienne