groupe d'enfants couchés sur le ventre, le sourire aux lèvres

La méditation est-elle bénéfique durant la grossesse ? Assurément oui, à condition toutefois de méditer correctement, en évitant certaines pratiques qui pourraient apporter trop d’énergie vitale au fœtus, et perturber par conséquent son développement harmonieux. Par exemple, les exercices de respiration profonde avec rétention du souffle vital, connus dans le Yoga sous le nom de pranayama, sont à proscrire pour cette raison, de même que les exercices de concentration de la conscience dans la zone du ventre (hara), pour cette même raison également.

La santé est une question d’équilibre et de juste milieu : ni trop, ni trop peu. De même qu’un surplus ou un déficit d’aliment peut nuire à la croissance du fœtus, un surplus ou un déficit d’énergie vitale aboutit au même résultat. Certaines pratiques méditatives, telles que celles que nous venons de citer, sont susceptibles d’apporter une trop grande quantité d’énergie vitale au fœtus, avec pour conséquence une rupture de l’équilibre dont il a impérativement besoin pour se développer dans de bonnes conditions.

La méditation doit donc avant tout être un moyen de tendre vers l’équilibre et l’harmonie, afin que l’intelligence de la vie − c’est-à-dire l’âme vivante, ou l’énergie vitale − puisse faire son œuvre comme elle sait très bien le faire, à la perfection. La méditation doit dès lors s’inscrire, avant toute chose, dans l’objectif de ne pas nuire à cette intelligence de la vie, en lui offrant les conditions propices à son travail.

 

Laisser faire la nature

Pour dire les choses d’une autre manière, il s’agit de laisser faire la nature. Il n’est pas rare que ce que l’on croit être juste et bon parce que l’idée que l’on s’en fait nous plaît mentalement et va dans le sens de nos croyances, soit en réalité nuisible pour l’âme vivante. Si nous voulons éviter de tomber dans cet écueil et faire du mal en croyant faire du bien, il convient par conséquent de faire preuve de prudence et de sagesse.

meditation grossesse coeurÀ partir de ce qui vient d’être dit, la méditation bénéfique dans tous les cas est celle qui positionne la conscience de la femme enceinte dans l’esprit de bienveillance à l’égard de la vie qui s'éveille dans son ventre, et qui permet à son corps de tendre vers davantage d’équilibre, c’est-à-dire vers un état d’être propice à l’harmonisation de ses fonctions vitales, physiologiques. Parmi ces fonctions vitales, la plus importante est assurément la respiration, en cela qu’elle permet d’apporter l’oxygène ainsi que l’essence subtile (ions négatifs) captée dans l’atmosphère, à partir desquels le corps va pouvoir produire l’énergie vitale dont l’entièreté de la structure psycho-physique de la femme enceinte a besoin pour tendre vers cet équilibre et cette harmonie, dont le fœtus pourra ainsi profiter pleinement.

Afin d’éviter une production trop importante d’énergie vitale, il convient ici de ne pas contrôler la respiration, mais de la laisser se réguler naturellement, en focalisant la conscience sur l’amour de soi et du fœtus, dans la foi en la sagesse de l’âme vivante, le lâcher-prise et l’abandon de tout contrôle. Dans cet état d’esprit, le corps se relâche et la branche du système nerveux autonome, dite parasympathique, se relance, avec pour conséquence une respiration qui devient fluide et peut ainsi s’adapter parfaitement aux besoins du fœtus, dans le juste milieu (ni trop, ni trop peu). Cette relance parasympathique favorise également la digestion, donc l’assimilation des nutriments (dont le fœtus a besoin pour soutenir sa croissance) et l’élimination des toxines hors du corps.

 

Un exercice méditatif

Voici un exemple de méditation permettant de « laisser faire la nature » et d’atteindre l’équilibre et l’harmonie, sans danger ni contre-indication.

Se placer dans une position confortable, de préférence couchée, pour permettre un relâchement global du corps. Laisser le corps reposer, comme si la gravité devenait de plus en plus forte et que le corps s’enfonçait dans le sol, libéré de toute tension musculaire.

Pour intensifier cette détente synonyme de lâcher-prise intégral, il est possible de parler au corps en ces termes, dans un esprit de bienveillance inconditionnelle : « tu peux te laisser aller, t’abandonner, te relâcher. Je suis là pour prendre soin de toi, pour t’aider à te ressourcer. Oui, c’est bien, laisse-toi complètement aller. Détends-toi de plus en plus, de mieux en mieux. ». Pour intensifier encore davantage le relâchement, il est possible de passer en revue le corps de haut en bas, puis de bas en haut, en s’adressant ainsi (ou en des expressions équivalentes) à chaque partie du corps.

Puis, une fois le corps bien détendu, faire la même démarche pour l’âme vivante. Si le corps est la partie visible et dense de l’être, l’âme vivante est la partie invisible, subtile, qui interpénètre le corps et assure sa cohésion. L’âme vivante est intimement liée à l’énergie vitale ainsi qu’au souffle de la respiration. Dès lors, pour s’adresser à l’âme et l’inviter elle aussi à la détente, il est possible de ressentir la zone du diaphragme (plexus solaire), en lui adressant, mentalement ou à voix basse, ces douces paroles. Lors de l’expiration : « libère-toi du poids des soucis et de la peur, laisse-toi aller, tu es en sécurité en ma présence bienveillante. Je suis là, avec toi, tu peux lâcher prise et t’abandonner, te laisser vivre. » Lors de l’inspiration cette fois : « Tu peux t’ouvrir à la vie, te laisser imprégner par le souffle vital qui t’apporte santé, harmonie, confiance, paix et joie ».

En procédant ainsi, en quelques minutes seulement, la respiration se fluidifie et un grand bien-être se fait sentir dans le corps et l’âme de la maman. Il y a davantage d’équilibre et d’harmonie, et à partir de là, l’esprit s’ancre naturellement et sans effort dans la conscience de l’amour de soi et de la vie qui s’épanouit dans son ventre. La maman peut alors placer ses deux mains sur son ventre, et sourire intérieurement à cette vie qu’elle porte en elle. La présence aimante ainsi consacrée au fœtus n’implique pas forcément de lui parler, mais tout élan spontané et intuitif de lui exprimer des mots bienveillants seront évidemment les bienvenus.

Il est possible de rester ainsi dans cette joie et cet émerveillement de porter et de donner la vie, de longues minutes, aussi longtemps que l’on s’y sent à l’aise. Le fœtus bénéficiera de douces et bénéfiques énergies d’amour dont il fera le meilleur usage pour son développement physique et psychique.